Sunday, November 27, 2022
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« Derrière la crise financière au Royaume-Uni, l’ombre d’un Brexit qui n’a pas tenu ses promesses »


Le panthéon des plus grandes erreurs de politique économique vient de s’enrichir d’un nouveau cas d’école. En décidant de faire souffler un vent de libéralisme teinté de populisme et de conservatisme obtus sur un Royaume-Uni fragilisé par son isolement post-Brexit, une économie minée par l’inflation et une crise énergétique sans précédent, la première ministre britannique, Liz Truss, et son chancelier de l’Echiquier, Kwasi Kwarteng, plongent leur pays dans une grave crise financière.

Pour doper la croissance, Liz Truss, à peine nommée, a lancé un gigantesque plan de réduction d’impôts, jamais vu depuis 1972, qui n’est pas financé, avec pour corollaire un programme de soutien aux ménages britanniques pour payer leurs factures de gaz et d’électricité. Un cocktail détonnant qui menace la soutenabilité de la dette britannique. La réaction des marchés financiers ne s’est pas fait attendre en propulsant la livre à ses plus bas historiques et les rendements des obligations d’Etat à des sommets. Le gouvernement avait modestement qualifié son initiative de « mini-budget », il doit désormais en gérer les « maxi-effets ».

« C’est la caractéristique des conditions où la crédibilité est perdue », résume Larry Summers, ex-secrétaire au Trésor sous Invoice Clinton entre 1999 et 2001, qui a qualifié les annonces du gouvernement britannique de « totalement irresponsables ». « Cela se produit le plus souvent dans les pays en développement, mais cela s’est déjà produit avec François Mitterrand avant qu’il ne fasse volte-face [en 1983], avec l’administration Carter avant Volker [nommé président de la Fed en 1979], et avec Oskar Lafontaine en Allemagne [en 1999] ».

N’est pas « Maggie » qui veut

Liz Truss devient donc la première femme à intégrer ce membership sélect des dirigeants, qui, par dogmatisme, ont choisi de faire cavalier seul, à rebours de l’environnement économique. « C’est un gouvernement qui donne l’impression d’être très loin des réalités avec des références idéologiques qui, dans le contexte actuel, sont voués à l’échec », estime l’économiste Véronique Riches-Flores, présidente de RF Analysis.

La première ministre applique une énième model de la « théorie du ruissellement » consistant à baisser les impôts des plus aisés pour doper la croissance. Les investisseurs en doutent, tandis que le Fonds monétaire worldwide a pris ses distances avec « des plans fiscaux massifs et non ciblés » et s’inquiète de mesures qui « vont probablement accroître les inégalités ».

Liz Truss et Kwasi Kwarteng ont péché par nostalgie, celle de la fin des années 1970 quand Margaret Thatcher est arrivée au pouvoir. Mais n’est pas « Maggie » qui veut. La Dame de fer a bien dérégulé à tous crins et baissé drastiquement la fiscalité, mais à l’époque, elle avait veillé à compenser la baisse des recettes de l’impôt sur le revenu et sur les sociétés par un relèvement de la TVA et une hausse des cotisations sociales.

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